du mardi au vendredi de 14h à 18h30 et le samedi de 12h à 17h
6, rue des Sablons – 1205 Genève
T: +41 22 321 94 14
Fondée par Renos Xippas en 1990 à Paris, la galerie Xippas s’étend depuis dans les plus grandes villes d’Europe et d’Amérique Latine. Concentré sur l’art contemporain international, la galerie s’est développée en tant que plateforme de découverte et de promotion de jeunes artistes et d’artistes confirmés.
En 2011, Xippas s’est imposé sur la scène artistique helvétique en ouvrant une galerie à Genève dans le renommé « Quartier des Bains », près du MAMCO. La galerie est devenue un acteur important de la scène artistique suisse, représentant et faisant découvrir de nombreux artistes suisses et internationaux.
Une nouvelle galerie a été récemment fondée à Bruxelles, elle est le résultat de la vision commune et de la coopération entre Albert Baronian et Renos Xippas, et a été inaugurée en avril 2019.
Le point de repère le plus récent dans l’histoire de Xippas est la nouvelle galerie d’Amérique Latine, située dans la campagne de Punta del Este en Urugay, inaugurée en janvier 2020.
30 ans après sa conception, avec des espaces à Paris, Genève, Bruxelles, Montevideo et Punta del Este, la galerie continue à représenter et exposer un éventail international d’artistes proéminents travaillant avec une grande variété de medias.
12.03 – 25.04.26
Vernissage 12.03.26, 18h
La Galerie Xippas est heureuse de présenter Avec omega, pomme, haricot, cornichon, rien, bouteille, première exposition personnelle de Mitja Tušek à Genève. Cette exposition met en lumière une orientation récente de son travail, tout en prolongeant les questionnements fondamentaux qui traversent son œuvre depuis les années 1980 : la matérialité de la peinture, l’instabilité de l’image et la fragilité de l’identité.
La série de tableaux présentée dans l’exposition évoque des groupes d’individus, chaque œuvre faisant se côtoyer une petite société de visages qui se superposent et se masquent les uns les autres. Les portraits émergent d’un champ pictural fait de tâches parfois barbouillées, parfois versées, parfois étalées au couteau. La figure apparaît puis vacille, prise dans une matière épaisse qui semble autant la révéler que l’engloutir.
Neuf cercles, de tailles différentes qui souvent se chevauchent, d’un noir profond et mat d’où émergent les éléments du visage. Ces cercles font allusion à la Divine Comédie de Dante, dont le Paradis et l’Enfer sont chacun composés de neuf orbes. Chez Dante, ces sphères sont habitées par des saints et des pécheurs; chez Tušek, chaque visage, composé lui aussi de neuf cercles, semble contenir son propre mélange de vices et de vertus.
Chaque figure possède son teint singulier, mais toutes partagent le même espace : celui de la toile, et la même logique structurelle : celle des cercles. La peinture devient ainsi un lieu de coexistence, voire de confrontation.
Le biologiste Möbius dans son étude sur les huîtres constata qu’il faut attribuer le cadre d’étude au niveau de l’ensemble des espèces qui cohabitent dans un espace déterminé et non au niveau d’une seule espèce. A un ensemble d’êtres vivants coexistant dans un espace donné, leurs organisations et interactions, Möbius donna le nom de biocénose. Ainsi les visages partagent un espace donné, son organisation et ses interactions. Bref, ils forment une sorte de biocénose, une sorte d’écosystème.
Mitja Tušek fait exister par les moyens de la peinture des têtes sans corps sans toutefois évoquer des têtes coupées. Ces peintures évoquent peut-être des captures d’écran de réunions Zoom ou autres, mais probablement est-ce le temps passé devant nos écrans En tout cas, Mitja Tušek l’affirme, il s’agit bien ici de peintures de la vie moderne, ou peut-être même de peintures d’âmes vagabondes de la vie moderne.
Chacun des tableaux qui forment la deuxième série présentée dans l’exposition se compose également d’un ensemble de portraits. Aux nombreux visages agglutinés s’ajoutent divers objets, des bouteilles, des cigares, des pièces d’or, un marteau, un chat, ou encore des alphas et des omegas, mais aussi des citrons et des pommes.
Pas d’usage de la couleur dans cette série de tableaux, la réduction au noir et blanc accentue l’aspect caricatural, presque brutal de peintures qui pourraient tout aussi bien être considérées comme des dessins. Certains éléments sont clairement peints, d’autres dessinés. Contrairement à d’autres œuvres antérieures , ici les visages ne se superposent pas, ils forment plutôt un maillage, un filet dans lequel des oeufs, des tomates, d’autres objets encore, sont capturés et dont la présence énigmatique joue un rôle incertain.
Mitja TUŠEK, DSC2112001, 2021, acrylique sur toile, 120 × 90 cm, MTU026 1 © Mitja TUŠEK