du mardi au vendredi de 14h à 18h30 et le samedi de 12h à 17h
6, rue des Sablons – 1205 Genève
T: +41 22 321 94 14

Fondée par Renos Xippas en 1990 à Paris, la galerie Xippas s’étend depuis dans les plus grandes villes d’Europe et d’Amérique Latine. Concentré sur l’art contemporain international, la galerie s’est développée en tant que plateforme de découverte et de promotion de jeunes artistes et d’artistes confirmés.

En 2011, Xippas s’est imposé sur la scène artistique helvétique en ouvrant une galerie à Genève dans le renommé « Quartier des Bains », près du MAMCO. La galerie est devenue un acteur important de la scène artistique suisse, représentant et faisant découvrir de nombreux artistes suisses et internationaux.

Une nouvelle galerie a été récemment fondée à Bruxelles, elle est le résultat de la vision commune et de la coopération entre Albert Baronian et Renos Xippas, et a été inaugurée en avril 2019.

Le point de repère le plus récent dans l’histoire de Xippas est la nouvelle galerie d’Amérique Latine, située dans la campagne de Punta del Este en Urugay, inaugurée en janvier 2020.

30 ans après sa conception, avec des espaces à Paris, Genève, Bruxelles, Montevideo et Punta del Este, la galerie continue à représenter et exposer un éventail international d’artistes proéminents travaillant avec une grande variété de medias.

Carolina FONTANA
Parallaxe

21.05 – 27.06.26

Vernissage 21.05.26, 18h

Xippas Genève a le plaisir de présenter Parallaxe, première exposition personnelle de l’artiste Carolina Fontana à Genève.

Le paysage transcendantal : quelques réflexions sur les œuvres récentes de Carolina Fontana
Lorsque Carolina Fontana a été invitée à présenter une exposition personnelle ce printemps à la galerie Xippas à Genève, l’artiste a décidé de parcourir les cantons de Genève, Berne et Lucerne.
Ce détail, en apparence anecdotique, révèle une dimension processuelle que ses peintures ne donnent pas immédiatement à voir.

Les toiles que Carolina Fontana a réalisées ces dernières années, dans la série intitulée Z·E·N, sont le fruit d’une expérience contemplative du paysage. Ces œuvres possèdent une dimension poétique qui naît du processus lui-même; elles sont intimement liées à une méthode incarnée dans les voyages de l’artiste à travers la Suisse et, auparavant, dans certaines villes d’Espagne et de Chine.

Si l’on inscrit ces peintures dans la tradition du paysage, ce besoin d’éprouver et d’habiter le paysage, autrement dit de produire une œuvre à partir de la contemplation, semble raviver l’idée romantique du sublime. Dans ce mouvement esthétique, le sublime renvoie à une expérience extraordinaire et merveilleuse, vaste et démesurée, qui ne peut naître que de l’observation de la nature et du paysage.

Si le beau nous rassure et nous apaise, le sublime, lui, nous trouble et nous émeut. L’immensité de ce qui nous entoure semble nous réduire à des êtres éphémères face à l’éternité.

Et pourtant, ces œuvres portent le titre Z·E·N, évoquant une école japonaise du bouddhisme qui cherche, par une pratique méditative intense, à relier le corps à son environnement sans médiation de la conscience ni de la raison. À ce propos, Roland Barthes explique que cette religion sans dieu « apparaît comme une vaste pratique destinée à interrompre le langage, à briser cette sorte de radio intérieure qui nous assaille en permanence ».

Les paysages produits sous l’influence du zen dans l’art japonais présentent une beauté définie par la fugacité, par ce qui n’est pas fixe et ne peut être ni contrôlé ni compris par la pensée rationnelle; ce sont des mondes flottants sans limites.

Les peintures de Carolina Fontana, dans leur forme libre, cherchent subtilement à évoquer cette indétermination par la coexistence d’images figuratives et de formes abstraites. Elles naissent du désir de transmettre au spectateur cette expérience transcendante du paysage. Les titres de ses œuvres récentes (CH Nevado Grindelwald, CH Luzern Punte, CH Luzern Reflejos) fonctionnent comme des indices destinés à activer cette évocation.

Cette réminiscence, cette impression de déjà-vu, apparaît lorsque le regardeur s’approche lentement de l’œuvre et reconnaît, dans les éléments figuratifs, une image enfouie dans sa mémoire.
Cette évocation nous relie subtilement à l’intimité éternelle du paysage.

Manuel Neves Paris, avril 2026

Légende : Carolina FONTANA, Z.E.N, 2026, 150 × 100 cm © Carolina FONTANA