Mardi, mercredi, jeudi, vendredi de 10h à 18h30, le samedi de 11h à 17h30
2, Rue des Vieux-Grenadiers – 1205 Genève, Suisse
T: +41 22 320 10 85

Fabienne Levy ouvre une deuxième galerie à Genève. La mission de cet espace sera d’agir comme une extension de la galerie principale présentant simultanément le même artiste. C’est d’une part, donner une plus grande visibilité au travail de mes artistes, et d’autre part tenter de rapprocher le monde culturel des deux villes.

FABIENNE LEVY est heureuse de présenter, pour l’ouverture de ce second lieu, une nouvelle exposition de Vanessa Safavi. L’artiste travaille avec une variété de matériaux avec une prédominance pour tous les types de caoutchouc, revenant souvent à des pratiques post-minimalistes. Elle invite des matières inattendues comme le silicone, faisant appel à l’héritage de la « sculpture molle » ou au mouvement “Antiform », qui utilise les matériaux industriels de manière plus sensible. Safavi affiche également un respect pour les références culturelles remontant à l’Antiquité. En traduisant des techniques et des symboles anciens, l’artiste les associe à ses propres récits personnels. Elle explore et interroge l’identité contemporaine du corps et ses impacts sur nos sociétés hyper-organisées, ce qui l’a définitivement conduite à une fragilité complexe et vulnérable. Son nouveau travail en bronze et en verre souligne, avec humour et gravité, l’importance souvent banalisée des parties intimes du corps.

Aimée MOREAU
Quatre boîtes à oeufs dont une ouverte

19.12.25 – 07.02.26

L’exposition Quatre boîtes à oeufs dont une ouverte présente l’oeuvre de la peintre Aimée Moreau, dont les natures mortes raffinées captent la beauté des objets du quotidien avec une précision technique exceptionnelle. Née d’une collaboration étroite de la galerie avec ses filles et héritières, Barbara et Sophie Kervaire, cette présentation rend hommage à un oeuvre longtemps resté discret mais profondément singulier.

Cette rétrospective met en lumière une sélection de dessins d’Aimée Moreau, présentant une facette souvent négligée de son travail, certains dessins n’ayant jamais été montrés auparavant. Dans ces oeuvres, Moreau invite les spectateurs à redécouvrir la simplicité d’objets ordinaires, bouteilles, oeufs, bibelots et jouets pour enfants. Cette exposition, qui marque le centenaire de la naissance de l’artiste, est une occasion rare d’entrer dans son monde, où les objets du quotidien se transforment en expériences visuelles hors du commun.

Née à Paris en 1926, Moreau débute son parcours artistique à l’Académie de Montmartre, puis à la Grande Chaumière et enfin chez Paul Colin, célèbre affichiste qui a durablement façonné son sens aigu de la composition et son approche graphique de l’image, perceptibles dans la rigueur formelle de son oeuvre. Dans les années 1950, elle s’installe aux États-Unis, où son style évolue vers des natures mortes lumineuses, caractérisées par un réalisme minutieux et un calme introspectif. C’est après son déménagement à New York en 1959 qu’elle se consacre pleinement à la peinture de natures mortes, se concentrant sur des objets industriels apparemment banals tels que des bouteilles en plastique colorées, des gants en caoutchouc, des jouets pour enfants et des contenants vides.

Cependant, c’est en Suisse, et plus précisément à Genève, qu’Aimée Moreau ancre durablement la seconde moitié de sa vie et de sa carrière. Elle s’installe au Lignon en 1971, où elle poursuit inlassablement son exploration des objets du quotidien jusqu’à son décès en janvier 2023, approfondissant une peinture de plus en plus silencieuse, épurée et méditative.

Ce qui distingue l’oeuvre d’Aimée Moreau est sa capacité à transformer des objets ordinaires en espaces de
contemplation silencieuse. Par des compositions rigoureusement construites, où lumière, ombre et reflets jouent un rôle central, elle confère aux objets utilitaires une présence inattendue et presque vivante. Bouteilles, cruches ou flacons vides deviennent ainsi les vecteurs d’un temps suspendu, invitant le regard à s’arrêter et à percevoir l’élégance discrète de l’impermanence du quotidien. Avec un style qui mêle figuration et abstraction, les peintures de Moreau évoquent un sentiment de calme serein.

Aimée MOREAU, Bouteille verte et drapé sur caisse, 1977, prismalo sur papier, 99,5 x 69 cm © Aimée MOREAU